Dans l’atelier d’Anne-Hélène Dubray
- Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Je m’inspire de la nature que j’observe beaucoup – je prends sans cesse des photos de fleurs et feuillages-, des objets qui m’entourent et que je fais parfois figurer dans mes dessins ; de toutes les images anciennes ou récentes que j’ai en tête ou que je découvre (un tableau, une illustration, une affiche, un motif) ; des récits que j’aime depuis toujours (pour cette histoire, Lewis Carroll, Jules Verne, Méliès) ; de ce que je perçois des enfants (de ma propre enfance, de ma fille…), ce qui semble les intéresser, les interroger.
- As-tu un rituel créatif ? Une sorte de routine pour te mettre au travail ou pour inventer une histoire ?
D’abord un bon thé ! Puis noter tout ce qui me vient sur un bout de papier ou dans mon téléphone. Puis je structure, j’organise, je fais des choix. Commence alors l’écriture : j’écris, je réécris, j’affine et choisis avec soin le vocabulaire, les sonorités, le rythme.
Je pense toujours aux images en même temps que je compose l’histoire. Pour les croquis, je fais d’abord des dessins grands comme des timbres-poste puis plus grands et plus détaillés jusqu’à avoir une version très proche du dessin final.
- Comment cette histoire est-elle née ?
Quand l’équipe de Graou m’a proposé de créer une image sur le thème du ciel, j’ai tout de suite pensé aux aéronefs, montgolfières, dirigeables… J’aime les dessins anciens sur ce sujet et les engins volants imaginaires. Ils semblent légers, lents, silencieux et prennent des formes incroyables.
L’idée d’aller « au bout du ciel » aussi m’intéressait. Comme c’est difficile de concevoir les limites du ciel, j’ai remarqué que les enfants lui donnent toujours une place bien déterminée dans leurs dessins comme une bande bleue en haut de leur feuille.
- Quel est où quels sont tes outils préférés ?
Je travaille essentiellement en numérique : je dessine sur une tablette puis je mets en couleur sur ordinateur. Je travaille aussi des fonds de couleur en peinture et je les insère dans mes images.
- Qu’est-ce qui te plait dans le fait de créer pour Graou ?
Pour créer une histoire courte, on doit aller à l’essentiel tout en gardant une dynamique dans le récit, avoir une chute qui fonctionne. Dans cette économie, j’aime faire se répondre dessin et texte, ce qui n’est pas dit dans le texte peut apparaitre dans le dessin et inversement. C’est un équilibre très intéressant à trouver.
Et puis, l’histoire s’insère dans un magazine, entourée d’autres pages sur le même thème : c’est très stimulant de participer à cet ensemble et de donner un point de vue sur un sujet.
- Dans quel cadre travailles-tu ?
Je travaille dans un atelier partagé avec d’autres artistes, dans le centre ville de Nantes. J’ai un grand bureau en bazar. Quand j’écris ou prépare les croquis, je travaille dans le silence. Quand je mets en couleur, je peux écouter la radio, des podcasts : surtout des fictions car j’adore qu’on me raconte des histoires moi aussi !