- Dans quel cadre travailles-tu ?
Je travaille de chez moi, j’ai une pièce dédiée au dessin, à la musique. J’ai un bureau avec mon ordinateur pour envoyer mes e-mails, finaliser mes dessins… et un autre pour dessiner ou bricoler des trucs.
Tout dépend des étapes de travail mais je travaille généralement au calme lorsque j’ai à réfléchir à des compositions, des textes à écrire… un peu de musique de temps en temps mais c’est rare.
Lorsque j’ai juste à dessiner, il m’arrive très souvent de mettre des films ou des séries que j’ai déjà vus en fond sonore, des émissions de radio. Peut-être que les dialogues recréent une ambiance de bureau…
Ça m’aide à me mettre au travail.
- Justement, as–tu un rituel créatif pour te mettre au travail ou pour inventer une histoire ?
Pour écrire une histoire, je commence par faire des listes de mots, je fais le tour du champ lexical d’un thème et je rebondis d’un mot à une expression. Une fois que j’ai des groupes de mots ou expressions que je trouve intéressants, j’essaie de les mélanger dans ma tête pour en donner des mini–histoires. Bizarrement c’est quand je prends ma douche que l’histoire arrive, du coup je me dépêche pour aller la noter dans un carnet ou sur une feuille. Je vais mettre plusieurs jours voire semaines à penser une histoire, une fois que celle-ci prend sens, je peux l’écrire rapidement en quelques heures voire quelques minutes.
- Comment t’est venue cette histoire ?
Pour cette histoire, je cherchais des noms de plats, des recettes qui pourraient être détournés… Le croque-monsieur est arrivé assez vite en tête de liste, il était facile de lui donner vie et de jouer avec.
- Tes outils préférés ?
Tout dépend du projet. J’aime beaucoup la plume et l’encre mais bizarrement je ne les utilise pas tant que ça, ou alors juste pour des dessins personnels. J’ai plein de stylos, de crayons mais je reviens souvent au simple stylo BIC. J’ai illustré la plupart de mes livres avec cet outil, ou avec un simple stylo de bureau… Depuis 4/5 ans je suis passé sur IPAD avec Procreate, sur les conseils d’amis illustrateurs, pour gagner du temps et pouvoir travailler d’un peu partout. J’adore, c’est un outil fantastique qui permet de progresser en dessin, d’explorer les styles, les rendus et qui en même temps vous donne envie de revenir à des techniques comme la plume, le crayon, la peinture. On gagne en précision en rapidité d’exécutions mais on perd le contact avec le papier la matière, la feuille, le trait vivant… Les 2 sont bien au final !
- Quelles sont tes sources d’inspiration ?
J’ai des sources d’inspiration depuis l’enfance, des classiques qui ne me quittent jamais.Les dessins des Peanuts de Schultz, l’univers de Richard Scarry, Quentin Blake, Arnold Lobel, Mafalda de Quino, Sempé, Hilary Knight avec Eloïse…
J’ai aussi mes références du moment, mes lectures romans ou livres illustrés qui s’éloignent souvent de l’univers jeunesse. J’en ai toujours plusieurs en même temps, il m’arrive d’être sur 3/4 romans à la fois… Je zappe beaucoup en lecture et je reviens dessus selon mes humeurs et envies 🙂
Pour cette histoire je suis allé faire « mon marché » chez les Peanuts, le dictionnaire illustré d’Hilary Knight, Le Gourmet solitaire de Taniguchi, des livres de recettes…
Au–delà du monde de l’illustration, le cinéma, la photographie, la musique sont des sources d’inspiration importantes.
Pendant l’écriture du Croque-monsieur, nous regardions à la maison les films d’Ozu comme Bonjour… directement je vais en être inspiré un moment ou un autre.
- Qu‘est-ce qui te plaît dans le fait de créer pour un magazine comme Graou ?
Le format court est un exercice intéressant, le thème imposé que j’aime bien, réussir à proposer une histoire dans un temps donné sur une thématique. J’aime aussi la qualité éditoriale et l’objet, les magazines sont beaux, les couleurs vives. C’est toujours plaisant de voir son histoire imprimée sur un beau papier, avec de belles couleurs.
