Le 24 septembre 2026 dans Portrait - Rencontres

Interview Margaux Manchon

01. Ton atelier ?

Je partage mon temps entre mon bureau à la maison et un atelier partagé par des illustrateurs BD et jeunesse. Comme j’ai tendance à oublier de sortir de chez moi et communiquer avec d’autres personnes, c’est un équilibre super et plus sain…

 

02. Ton histoire pour Georges ?

Au début, je voulais écrire du point de vue des petites souris qui viennent chercher les dents, mais ça n’a pas fonctionné (voir ébauche). Récemment, j’ai dû subir un long traitement pas agréable chez le dentiste : ça m’a fait très peur et j’avoue que j’ai même pleuré. Je crois qu’on ne perd jamais vraiment la peur du dentiste en grandissant, on a peur d’avoir mal, de se faire gronder (même à 33 ans !!)

Je ne sais pas si c’est le fait de passer plus de temps avec mon dentiste, mais j’ai eu envie d’écrire et dessiner une dentiste… Les deux n’ont pas grand-chose en commun (mon dentiste ne fait pas de tournée internationale pour chanter des chansons sur les dents), mais je voulais écrire et dessiner une pro de la dent qui est cool et qui ne fait pas peur (même si elle a d’autres défauts !)

Les dents, on les voit tout de suite, quand on sourit ou non, ça fait partie de notre image. Du coup, au-delà de la peur du dentiste, je voulais écrire quelque chose sur notre rapport à la perfection et aux critères de beauté en partant d’un postulat un peu ridicule avec ces gens qui se font mettre des dents grosses comme des balles de golf.

03. Ta technique ?

Je travaille exclusivement en numérique : c’est une question pratique mais j’aime aussi le fait de pouvoir explorer plein de choses avec différentes brushs, un tas de calques, de couleurs. Quand je travaille sur une production personnelle, ce qui m’intéresse c’est ensuite de penser à l’impression et de travailler mes fichiers en fonction : pour la sérigraphie, la risographie… c’est tout un processus.

04. As-tu du plaisir pour un magazine comme Georges ?

Petite, j’étais abonnée à des magazines mensuels pour enfants, comme J’aime lire. J’étais excitée d’y trouver tant de choses : l’histoire principale, de la bd, de l’info, des jeux… Je trouve ça fou de pouvoir faire partie désormais d’un magazine pour enfants comme Georges, qui 1) est un mag PAPIER qu’on peut prendre avec ses MAINS 2) est drôle ! 3) travaille avec des illustrateurices que je trouve très cool. C’est une formule qui regroupe beaucoup d’éléments que j’aimais enfant et beaucoup d’éléments que j’aime en tant qu’adulte illustratrice. Je crois que ma « moi-enfant » serait absolument enchantée !
En évoluant dans mon métier, j’apprécie particulièrement le format court imposé par les magazines, c’est un exercice d’écriture et de dessin plus gratifiant je trouve qu’un format long comme la BD qui demande beaucoup de temps et d’énergie. Tout va vite et on n’a pas vraiment le temps de tergiverser, ce qui est parfait pour les gens qui doutent COMME MOI.

05. Quelles sont tes sources d’inspiration ?

J’ai remarqué récemment que je dessinais les chiens de la même façon que Serge Bloch dans Max et Lili : cette série globalement m’a beaucoup marquée étant petite, les leçons éthiques pas trop moralisatrices, l’impression que l’autrice savait ce qu’on pouvait ressentir à cet âge-là… Dans la même veine, j’étais une lectrice de l’univers chaotique de Tom-tom et Nana. Il y a des livres jeunesse que j’aurais aimé écrire, en tête : La taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, qui m’a appris tout ce que je devais savoir sur le rythme comique et la pédagogie pour les enfants.

Plus tard, quand je me suis mise au manga et que je lisais Fruits Basket, j’étais écroulée de rire en lisant les petits strips de bas de page de l’autrice Natsuki Takaya qui racontait sa vie et son processus créatif de manière décomplexée. Mais je pense quand même que la personne qui m’a le plus inspirée est Marjane Satrapi : son travail autobiographique a eu un tel écho chez les femmes artistes de ma génération, cette façon de mettre au même niveau l’histoire intime/le grande histoire, et l’importance de faire parler son soi enfant !

06. As-tu un rituel créatif ?

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